L’idée de taxer les riches apparait de plus en plus comme une solution à la crise de la dette publique des pays développés. En France, elle est déjà au programme de tous les candidats et candidates de gauche pour la présidentielle de 2012. Mais regardons un peu de plus près les différentes positions sur ce qui semble être une volonté commune de nouvelle répartition des richesses.
Parti socialiste
Le projet socialiste, adopté en conseil national le 28 mai 2011, contient seulement les grandes lignes d’une «grande réforme fiscale» que tous les candidats à la primaire promettent de mettre en place s’ils sont élus. Pour «favoriser un partage plus équitable des revenus», les socialistes proposent notamment «d'aligner la fiscalité dérogatoire de revenus comme les stock-options ou les attributions gratuites d'actions sur celle qui pèse sur les salaires» et faire en sorte qu'«au sein des entreprises qui ont une participation publique dans leur capital, les rémunérations soient comprises dans une échelle de l'ordre de 1 à 20».
Ce «socle commun» des candidats promet également, pour «redresser les comptes publics», de «revenir sur les privilèges fiscaux de Sarkozy, cadeaux fiscaux injustes, inefficaces et coûteux faits par l'UMP aux plus aisés», soit supprimer le bouclier, le paquet et un certains nombre de niches fiscales. Quant à l'impôt, il doit être «plus progressif et prélevé à la source», «plus faible pour les plus modestes et proportionné aux capacités contributives de chacun» avec une règle: «Le capital doit être taxé comme le travail». Mais pour les détails, il faudra repasser après le 16 octobre, date du second tour de la primaire. Quant les socialistes auront un candidat ou une candidate.
Front de gauche
Jean-Luc Mélenchon peut se prévaloir d'une belle antériorité sur le sujet. Déjà dans son livre «Qu'ils s'en aillent tous!» (Editions Flammarion), il avait développé ses propositions pour «un meilleur partage des richesses». Depuis, le co-président du Parti de gauche (PG) ne manque pas un passage média -ou un communiqué, comme ce jeudi- sans répéter ses trois mesures phares: d'abord, un «salaire maximum», soit «pas de salaire supérieur à 20 fois le salaire le plus bas dans chaque entreprise». En effet, le Front de gauche ne compte pas se limiter aux entreprises « qui ont une participation publique dans leur capital » comme dans le projet socialiste (voir plus haut). «Ce plafonnement permettrait d'entraîner un cercle vertueux d'augmentation des bas salaires», défend le candidat du Front de gauche à la présidentielle.
Deuxième mesure, un «revenu maximum», c'est-à-dire une «taxation progressive des revenus jusqu'à 100 % à partir de 30.000 € mensuels». D'où sa formule qu'il assène sans cesse: «Au-dessus de 20 fois le revenu moyen, je prends tout»...
Enfin troisième mesure, une «taxation des revenus du capital comme les revenus du travail»: «ce rééquilibrage rapporterait 100 milliards d'euros de ressources puisque les revenus du travail sont aujourd'hui taxés en moyenne à 42% et les revenus du capital à 18%», assure Mélenchon. Des mesures reprises dans le Programme partagé du Front de gauche pour 2012. Dans ce programme encore en discussion et qui doit être distribué à la Fête de l'Humanité les 16, 17 et 18 septembre, le revenu maximum est plafonné à «360.000 euros par an».
Europe Écologie Les Verts
Depuis 2009, un collectif initié par des jeunes écologistes, défendait l’idée d’«Un revenu maximal autorisé européen, de l'ordre de 30 fois le revenu médian, au-delà duquel les revenus seraient massivement imposés».
Deux ans plus tard, les voilà avec une jeune trentenaire élue au Parlement européen sous l'étiquette d'EELV, Karima Delli, qui s'emploie à Bruxelles et Strasbourg à défendre la mesure. «Personne ne doit gagner plus de 500.000 € annuels ou 40.000 € par mois, reprend son camarade eurodéputé et économiste Pascal Canfin. On a oublié que sous Roosevelt, une partie de la population était imposable à 90%! On parle de 2008 comme de la plus grande crise depuis 1929, mais il faudrait aussi regarder les solutions qui avaient été trouvées à l'époque!»
Dans un entretien au Monde daté du jeudi 17 août 2011, la candidate d'EELV pour 2012, Eva Joly, n'a pas repris cette idée pourtant présente dans les grandes lignes du programme écolo mais assure «clairement» être prête à augmenter les impôts des plus riches: «Cette hausse ne concernerait que, de façon progressive, les 15% des plus aisés d'entre-nous et, plus énergiquement, 5% des plus riches», a assuré l'ancienne magistrate. Retour sur les niches fiscales, «imposition des revenus du capital [...] égale à celle des revenus du travail», «impôts sur les transactions financières»...
Lutte ouvrière et Nouveau Parti Anticapitaliste
Lutte ouvrière propose d'«interdire les licenciements et répartir le travail entre tous sans perte de salaire». «Pour défendre le pouvoir d'achat, il faut imposer l'indexation des salaires et des retraites, défendent les partisans de Nathalie Arthaud.
Le Nouveau Parti Anticapitaliste assure qu'«une réforme fiscale d'ampleur s'impose, pour revenir sur les avantages consentis aux patrons et taxer fortement les hauts revenus, les profits des sociétés et les patrimoines des riches».
NPA et LO tiennent leur discours habituel, mais ne sont pas encore au stade de chiffrer réellement leurs propositions. Pour plus de détails, il faudra certainement attendre début 2012.
Contrairement à la droite qui a pour réponse à la crise des mesures d’austérité dont les prochaines arrivent le 24 août prochain, ce que mettent en avant les propositions de l’ensemble de la gauche c’est qu’il y a un réel problème de financement des caisses de l’État. Pour la gauche c’est l'insuffisance des recettes, et ce depuis longtemps, qui a constitué notre endettement actuel. Ces propositions constituent donc un argumentaire pour répondre à celles et ceux qui disent que «la droite et la gauche c’est pareil» et elles permettent aussi de faire son choix à gauche pour 2012.
















Faut-il entendre qu'elle se limite à celle du Front de Gauche/Melenchon ?